Députés flamands solidaires avec les hommes d'EgliseLes révélations incessantes concernant les abus d’enfants dans l’Eglise risquent de créer une atmosphère d’insinuation générale par rapport à tous les hommes d’Eglise. Nous condamnons évidemment tout abus d’enfants, car il s’agit d’un crime atroce. Nous n’acceptons évidemment aucune omission de déclaration en la matière. L’abus d’enfants et l’omission volontaire de déclaration de cet abus sont d’ailleurs profondément nuisibles à l’Eglise et à sa mission pastorale. Mais tout cela ne justifie nullement de nourrir des soupçons à l’égard de tous ceux qui s’engagent dans l’Eglise, que ce soit en tant que femme ou homme consacré ou en tant que laïc. C’est pourquoi nous tenons à exprimer notre solidarité avec les milliers de prêtres, de femmes ou d’hommes consacrés, de moines, de frères, de diacres ou de laïcs engagés dans l’Eglise, qui ne sont coupables ni d’abus d’enfants ni d’omission de déclaration, et qui ont mis et continuent à mettre leurs talents et leurs forces au service de la société. Nous tenons à remercier toutes celles et tous ceux dont l’engagement au sein de l’enseignement, des soins de santé, de l’accompagnement de la jeunesse, de la gériatrie, etc. a été d’une importance capitale et l’est encore. Ils ont participé ce faisant à la construction de notre société telle qu’elle se présente aujourd’hui : une société ouverte et tolérante avec beaucoup de place réservée à l’initiative individuelle et imprégnée d’un grand sens de la solidarité. Il ne nous revient pas, à nous femmes et hommes politiques, de nous prononcer sur des dossiers judiciaires ou sur des affaires internes de l’Eglise. Mais nous tenons, en dépassant nos clivages politiques, à reconnaître l’impact sociétal dans nos villes et nos villages de l’action de tous ces hommes et femmes d’Eglise. Notre pays compte 3.659 prêtres diocésains. Ce nombre est traditionnellement le plus élevé dans le diocèse de Bruges qui dénombre 661 prêtres diocésains. En 2009, le diocèse d’Anvers en dénombrait 364, celui de Gand, 525 et celui de Hasselt, 335. Il y a 629 prêtres diocésains dans l’archevêché (bilingue) de Malines-Bruxelles. Le diocèse de Liège compte 426 prêtres diocésains, celui de Namur, 406 et celui de Tournai, 313. Notre pays compte également des milliers de femmes consacrées et de religieux. Il y a 565 diacres, ainsi que 292 assistants paroissiaux et 544 collaborateurs pastoraux. Par ailleurs, n’oublions pas les milliers de missionnaires et de coopérants, actifs du Chili jusqu’en Chine, en passant par l’Ile de Molokai, les forêts d’Afrique et l’archipel des Philippines. Tous ces gens ont créé, jusqu’au fin fond des plus petits de nos villages, des fanfares et des harmonies, des associations de femmes et des mouvements de jeunesse ; ils ont construit des centres paroissiaux et des salles de réunion ; ils ont fondé des établissements d’enseignement maternel et primaire et ils les ont animés. Jour après jour, ils étaient disponibles pour leurs proches en détresse ; ils ont donné conseil, orienté les jeunes, réconciliés des partenaires, etc. Ils étaient des « médiateurs » avant la lettre. Ces hommes forts et femmes fortes ont fondé des écoles secondaires et construit des hôpitaux dans toutes nos villes. A une époque où il n’était pas question de ministère du Bien-Etre, ils étaient les premiers à se dévouer à l’accueil des sans-abri, des personnes handicapées, des toxicomanes, de ceux qui souffrent d’une dépendance d’alcool et des malades psychiatriques. Leur présence et leur action parmi nous forment encore et toujours un capital sociétal inestimable. Car en effet, même de nos jours, ils prennent souvent l’initiative pour lancer de nouvelles formes de service et d’assistance dans les rues et les quartiers de nos villes et de nos villages. Leur engagement local joue toujours un rôle fondamental dans l’accompagnement d’un grand nombre de personnes dans leurs choix et leur quête de sens. Que se soit dans la vie, la maladie ou la mort, ils sont toujours à nos côtés, ils sont toujours disponibles. Nous leur sommes profondément reconnaissants !
|